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Immobilier : à qui profite la flambée ?

31/03/2007

145 % de hausse dans l'ancien à Paris en huit ans, 115 % pour l'ensemble de la France : depuis 1997, le prix du mètre carré a flambé de façon spectaculaire. Qui sont les gagnants, qui sont les perdants de l'irrésistible envolée de l'immobilier ? Réponse cette semaine dans « Les Echos », à travers une enquête en cinq volets. Aujourd'hui, coup de projecteur sur tout un pan de l'économie qui profite du dynamisme du marché. Le marché immobilier entame sa neuvième année ininterrompue de croissance. Et la fièvre touche désormais l'ensemble du territoire. Droits de mutation et diverses autres taxes représentent une vraie manne pour l'Etat.


ANNE BAUER ET JULIE CHAUVEAU

Depuis deux ans, nous émettons le voeu de voir les prix s'assagir. En vain. L'an dernier, ils ont encore pulvérisé tous les records, avec une hausse de 15 % en région parisienne », constate François Carré, vice-président de la Chambre des notaires de Paris. Pire, la fièvre s'est emparée de tout le territoire, de la commune rurale de charme aux villes les moins dynamiques. En Ile-de-France, le prix moyen du mètre carré neuf est passé de 2.460 euros en 1997 à 4.226 euros en janvier 2006. Dans l'ancien, la flambée est encore plus forte, avec une augmentation, en huit ans, de 115 % dans l'Hexagone et de 145 % à Paris. Toutes les agglomérations enregistrent à présent facilement des prix de 3.000 euros le mètre carré, un niveau inconnu jusqu'ici en province. Dans une conjoncture économique morose, l'immobilier entame à la surprise générale sa neuvième année de croissance ininterrompue.
Les explications sont multiples : taux d'intérêt bas, disponibilité du crédit immobilier, allongement de la durée des prêts et générosité des mesures de défiscalisation. L'inquiétude sur l'avenir des retraites alimente aussi un formidable désir de propriété. S'y ajoutent des besoins croissants, qui n'avaient pas été anticipés. Depuis plus de vingt ans, avec la décentralisation, l'Etat a abandonné la planification et remis les clefs de l'urbanisation aux maires, tout en diminuant sans cesse les aides à la construction. Or, la croissance démographique a été sous-estimée, et l'évolution des modes de vie due au vieillissement de la population, aux décohabitations et à la forte augmentation des familles monoparentales a entraîné une hausse du nombre de ménages plus forte que prévue. Résultat, les experts estiment à environ 1 million le nombre de logements manquants. Autant de facteurs qui expliquent la vigueur de la demande. Si bien que, au moment où la construction dépasse pour la première fois depuis plus de vingt ans le cap des 400.000 mises en chantier, chacun ne parle plus que de la « crise du logement » et de la difficulté des classes moyennes à trouver un toit. Tel est le paradoxe du marché immobilier : sa surchauffe fait le bonheur des uns et le malheur des autres.

Source : Les Echos